Fellag Biographie

Fellag Biographie
MOHAMED FELLAG??Mohamed Fellag est né en 1950 dans un village de Kabylie, en Algérie. ?Jusqu?à l?âge de huit ans, il ne parle que kabyle (berbère), il ne va pas encore à l?école. ?Pendant la guerre d?Algérie, en 1958, la famille s?installe à Alger, où le jeune Fellag se trouve confronté à une réalité linguistique nouvelle: l?arabe algérien dans la rue avec les copains, et très bientôt le français à l?école.?Ainsi l?enfant qui ne parlait que le kabyle, bercé par les contes de ses tantes et les chansons de sa mère, se retrouve-t-il brusquement plongé dans l?univers multilingue de la ville d?Alger : kabyle, arabe algérien, français??Le français est la langue des livres, du cinéma tous les jeudis à l?école? Ces trois langues ne le quitteront plus et l?habitent encore aujourd?hui. On peut dire qu?elles ont, chacune séparément, contribué à former le créateur d?aujourd?hui.?Mais réunies, il arrive également qu?elles forment des mélanges étonnants: un verbe français conjugué en arabe algérien, une salutation kabyle, des emprunts, des jeux de mots plurilingues? ??Fellag, en arrivant en France s?est trouvé entraîné dans la scène culturelle française qui faisait siennes, de façon indéniable, des influences venues du Nord de l?Afrique: que ce soit pour la musique, avec le raï, Cheb Mami, Khaled, Faudel, avec Rachid Taha, Zebdaou Enrico Macias ; ou pour la scème comique avec Jamel Debbouze ou Gad Elmaleh; ou pour le cinéma avec Le Gone du Chaâba, La Vérité si je mens? ou Astérix et Cléopâtre??Au français, Fellag ajoute deux langues d?Algérie, mais aussi de France, l?arabe maghrébin et le berbère (kabyle); il en incarne la synthèse puisqu?il aime à dire que SA langue, c?est le mélange des trois? Ce sont ces trois langues qui sont inlassablement travaillées pour ses spectacles.?A l?écrit par contre, c?est le français qu?il utilise et travaille.??Débuts
1968 - 1972: Etudes à l?Ecole Nationale du Théâtre d?Alger
1972 - 1978: Comédien au Théâtre national d?Alger et en Algérie?Il voyage ensuite pendant 8 ans, séjournant notamment à Paris et au Canada, pour acquérir une culture théâtrale. Il rentre à Alger en 1985 au TNA.

Carrière en Algérie
A partir de 1987, il commence, en Algérie, une carrière d?artiste indépendant, écrivant ses propres spectacles où se mélangent les trois langues parlées à Alger, arabe algérien, kabyle et français.C?est cette langue qu?il utilise dans ses spectacles en Algérie; en un an, (1989-90), il devient une vedette dans son pays.
1989 : Cocktail Khorotov, 1990 : SOS Labess, 1991 : Alger: Babor l?Australie (Un bateau pour l?Australie), créé en kabyle, joué à Paris pour la première fois en arabe algérien en mai 1991; il sera joué au Théâtre de l?Europe, alternativement en kabyle et en arabe algérien pendant un mois en avril 1992.?
Carrière en France:
1995 : Peu à peu, Fellag est amené à augmenter la proportion de français dans ses spectacles pour être compris de son nouveau public, jusqu?à créer son premier spectacle entièrement en français:
Spectacles
1998-1999 : Djurdjurassique Bled, créé en français en décembre 1997 au TILF (Théâtre International de Langue Française, dir. Gabriel Garan); il sera joué au Festival d?Avignon en juillet 1998 et au Théâtre des Bouffes du Nord; tournera jusqu?à la fin 1999.
2000-2002 : 330 représentations en France: Un bateau pour l?Australie, créé en avril 2000, sera joué au Bataclan (déc. 2001) et au Théâtre des Bouffes du Nord (janv-fév. 2001) pour finir au TNP de Villeurbanne en juin 2002.
2002-2003 : 310 représentations en France: Le Syndrome de la page 12, lecture au Théâtre du Rond-Point.
Janvier 2003 : Che bella la vita! Contes, nouvelles et récits de Mohamed Fellag, au TILF.
Avril 2003: Création de l?Opéra Comique: Opéra d?Casbah, mise en espace par Jérôme Savary.
Cinema
1996 : Le Gone du Chaâba, de Christophe Ruggia 1996, d?après le roman d?Azzouz Beggag.??Ouvrages publiés et à paraître:
Djurdjurassique Bled, J-C. Lattès,1999
Rue des petites daurades, J-C. Lattès, 2000
C?est à Alger (nouvelles), J-C. Lattès, 2002?A paraître avril 2003: Comment réussir un bon petit couscous, J-C. Lattès?A paraître Fin 2003: L?allumeur de rêves berbères, J-C. Lattès?

# Posté le dimanche 15 janvier 2006 09:09

Modifié le dimanche 15 janvier 2006 09:24

Le Dernier Chameau

Le Dernier Chameau
Son dernier spectacle, actuelment Fellag est en tournée ! :


A Tizi Ouzou, dans les années 60, le public populaire du cinéma Le Regent (ciné-club le jeudi) venait de tous les coins de la ville découvrir des films du monde entier : films français, américains, égyptiens, italiens, russes, indiens. Un voyage sans frontières pour ces spectateurs fidèles parmi lesquels un jeune adolescent qui peuple ses rêves et ses fantasmes des images de l?écran !
Une fois la séance terminée, il va raconter aux parents et amis, avec une imagination débordante, les histoires que le cinéma lui a fait découvrir et aussi les réactions des spectateurs, le bruit de la pellicule qui casse, les jurons du projectionniste...
Toute une ambiance faite de ces petites choses du quotidien qui se révèlent riches de souvenirs, faite de tous ces personnages traversés de leurs contradictions. Des permiers émois sensuels, à la vision de Sylvana Mangaro, à la prise de conscience (amusée) des clichés véhiculés par le cinéma occidental sur le monde oriental, (dialogue de l?esquimau et du loukoum) le héros de Fellag nous entraînera dans son voyage, entouré de tous les personnages de son cinéma personnel. Le reste est une histoire d?humour - qui sera toujours le meilleur remède à l?Histoire (avec un grand H), de rire pour parler des douleurs de l?existence, et de chameau pour nous emmener loin, mais pas trop.


Tournée :

2 nov, Saint jean d'Angely (17), Salle Alienor
3 et 4 nov, Niort (79), Moulin du Roc
5 nov, Vierzon (18), Théâtre Mac Nab
8 nov, Bonneuil (94), Salle gérard Philippe
9 nov, Vernouillet (28), Atelier à Spectacle
10 nov, Chatelleraut (86), Nouveau Théâtre
12 nov, Saint denis (93), Bourse du travail
du 15 au 19 nov, Grenoble (38), MC2
22 nov, Monthey (Ch), Théâtre du Crochetan
23 nov, Miribel (01), l'Allegro
24 nov, Bourg en Bresse (01), Ainterexpo
25 nov, Onex (Ch), Salle communale
29 et 30 nov, Annecy (74), Bonlieu, scène nationale

1 et 2 dec, L'Isle d'Abeau (38), Théâtre du Velin
8 dec, Bourges (18), Maison de la culture
9 dec, Montceau les Mines (71), L'Embarcadère
10 dec, Villefranche sur saone (69), Théâtre
14 dec, La Roche sur Yon (85), Le Manège
16 dec, Saint Malo (35), Théâtre


Fellag sera en tournée jusqu'en avril 2006

# Posté le dimanche 15 janvier 2006 09:14

Modifié le samedi 07 juillet 2007 02:56

Le Grand Prix Raymond Devos

Le Grand Prix Raymond Devos
Le Grand Prix Raymond Devos est créé à l?occasion de la Semaine de la langue française et de la francophonie par le ministère de la culture et de la communication. Il récompense chaque année une personnalité qui, par son travail et son talent, contribue au progrès et au rayonnement de la langue française. Le jury est composé de personnalités représentatives :
Bernard Cerquiglini, délégué général à la langue française et aux langues de France ; Raymond Devos, humoriste ; Jacqueline Franjou ; Bernard Pivot, journaliste ; Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel de l?Académie française ; Henriette Walter, linguiste ; Henri Lopes, écrivain ; André Goose, grammairien ; Jean Amadou, chansonnier ; Danyboon, humoriste. Cette année le Grand Prix Raymond Devos a été attribué à Mohamed Fellag, humoriste.
Ce prix lui a été remis par Jean- Jacques Aillagon, ministre de la culture et de la communication, le 17 mars 2003.


Discours de Mohamed Fellag lors de la Remise du Grand Prix Raymond Devos le 17 mars 2003


Je voulais vous dire qu?avant de quitter mon pays, l?Algérie, pour venir en France, j?habitais déjà la langue française. J?étais déjà un citoyen de la francophonie, ce continent où on peut voyager sans limite et surtout sans visa, ce qui n?est pas négligeable par le temps qui courent jusqu?à l?essoufflement. En quelques secondes, le temps d?ouvrir un livre, de mettre mon nez dans l?odeur du papier et me voilà qui disais bonjour à Ronsard, qui me refusais poliment le verre d?absinthe que me tendait Baudelaire ou qui noyais mon chagrin dans un rhum qui me servait Aimé Césaire. A l?ombre des oliviers ou au soleil des terrasses de café d?Alger, et de Tizi-Ouzou j?ai navigué dans des ? bateaux ivres ? en compagnie de Rimbaud, Mallarmé, Cendrars, Gide, Feraoun, Queneau, Vian, Mammeri, Senghor, Voltaire ou Diderot ainsi qu?un tas d?autres aventuriers qui tordent le cou aux mots pour leur faire avouer leurs mystères et leurs secrets.

Le français a aussi servi de passeport pour pénétrer dans l?imaginaire des langues que je ne parle pas. En lisant les traductions de Kawabata, j?ai l?impression de comprendre le japonais, le russe lorsqu?il m?arrive de me perdre dans les dédales de Dostoïevski et quand je referme un livre de Shakespeare, l?anglais élyzabéthain n?a plus de secret pour moi.

? La langue française est un butin de guerre ?a lancé un jour le grand écrivain algérien Kateb Yacine. Devenue célèbre par sa vérité, sa justesse et une fierté qui frise une belle insolence, dans la bouche du poète, cette phrase est servie, aujourd?hui, à toutes les sauces. Chaque fois que des intellectuels algériens veulent justifier leur emploi de la langue d?Albert Camus, ils disent avec arrogance : ? C?est un butin de guerre ? exhibant cette expression pour cacher leur culpabilité.

Cette culpabilité, il faut le reconnaître, vient du matraquage de ceux qui considèrent que la maladie identitaire qui paralyse la société algérienne est le fait de ceux qui s?ouvrent à l?occident à travers la langue et la culture françaises.

Contrairement à nos aînés, les francophones de ma génération considèrent le français comme ? un butin de paix ?. Nous l?avons appris après l?indépendance, à l?école, accompagnés par des enseignants consciencieux qui ont su de façon dépassionnée nous le faire aimer. Loin du doigt accusateur de ceux pour qui le fait même d?aller à l?école du temps de la présence française, tenait de haute trahison, nous l?avons exploré amoureusement.

Notre univers linguistique était inscrit dans des espaces déterminés. On parlait le berbère à la maison, l?arabe dans la rue, et le français à l?école. Adulte, nous avons mélangé tout ça et nous en avons fait une seule langue, nous amusant à passer de l?une à l?autre à chaque fois que l?exigeait l?occasion ou la nécessité. Et tout cela ; toujours dans le plaisir, bien évidemment.
Aujourd?hui cet exercice se pratique quotidiennement par une grande majorité des citadins de mon pays.
Comme beaucoup de mes concitoyens, j?aime et j?assume les valeurs de modernité que m?a enseigné la langue française. Ces valeurs ont contribué à m?enrichir, à me rendre libre, ouvert et multiple. Pour synthétiser, je dirais que si le Berbère est ma mère, l?Arabe ma s½ur, la langue française est ma meilleure amie.

Je ne voudrais pas finir ce petit mot sans rendre un hommage particulier à l?immense Raymond Devos sans qui je ne serais certainement pas là aujourd?hui. Et quand je dis ? pas là ?, je ne parle pas de ce prix, ici, ce matin, mais là où j?en suis de l?amour des mots.
L?homme invente le mot, le mot invente l?homme.
Le mot sert à repérer le sens. Il est une balise à l?imaginaire.
A chaque fois qu?un mot nouveau arrive, l?homme invente des attitudes nouvelles qui enrichissent la palette de son expression et de son émancipation.
Très peu d?explorateurs sont allés aussi loin dans la découverte de nouveaux sens autant que ce grand monsieur magnétique, magnifique, mirifique qu?est Raymond Devos.
Et comme cette semaine de la langue française et de la francophonie est sous le patronage poétique de Raymond Queneau, je voudrais dire que si j?ai toujours aimé le grattage des cordes ? de la mandoline du chien ? pour qui joue à rebrousse poil, chercher la musique des mots, je le dois à cet immense poète qui m?a fait rire et rêver.
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# Posté le dimanche 15 janvier 2006 09:21

Le Dernier Chameau le Livre !!

Le Dernier Chameau le Livre !!
LE DERNIER CHAMEAU
Et autres histoires.
De FELLAG
aux éditions JC Lattès.

Des histoires hétéroclites dans lesquelles Fellag
le comédien se multiplie en personnages et en émotions.

Des récits pleins de subtils sous-entendus empreints de poésie
ou de satire éclairée pour décrire l'histoire commune
des peuples kabyle, algérien et français?

# Posté le dimanche 15 janvier 2006 12:49

L'Humanité (Fellag)

L'Humanité (Fellag)
AVEC FELLAG, RIRE POUR RÉSISTER

Après le succès remporté au théâtre parisien des Bouffes du Nord l?hiver dernier, le spectacle du grand humoriste algérien, Durdjurassique bled, est édité en cassette vidéo et en livre.

Il veut, dit-il, faire " rire là où ça fait mal. C?est ma façon de combattre les maux qui rongent mon pays : la pénurie, la censure, les tabous, l?intolérance, le machisme, la haine de l?amour, le fatalisme... Dire " mektoub ", c?est renoncer, perdre tout espoir, se laisser persuader que les Algériens sont des monstres, des barbares ou des chiens. Mais quand, dans la salle, j?entends monter vers moi le rire des Algériens, un rire dur, douloureux, cathartique, je me dis : " C?est gagné ! " Faire rire tous les soirs est un acte de résistance extrême ".

Rire pour résister, la formule convient à la démarche de Fellag, comme la chemise à pois, les bretelles larges et le chapeau mou vont au comédien sur scène. En Algérie, cet artiste s?est taillé une immense popularité - de l?ordre de celle acquise en son temps ici par Coluche - en faisant rire ses compatriotes de leurs défauts, de leurs malheurs. Contraint de quitter son pays il y a quelques années par la violence d?un intégrisme aussi rétif à l?humour qu?à l?amour, cette étoile, heureusement, continue de briller. Fellag poursuit désormais son ouvre en France, avec le même bonheur. En deux ans, quelque 110 000 personnes ont applaudi son spectacle, Djurdjurassique bled. La saison passée, il a joué, aux Bouffes du Nord, à guichets fermés, des semaines durant. Même si rien ne peut combler " le vide sidéral laissé par l?absence de la terre ", Fellag a pu, sur sa terre d?exil, prendre un nouvel élan en rencontrant un public : des immigrés, bien sûr, des Beurs, des Français aussi. Tous ont pu, grâce à lui, mesurer que, même si elle donne, trop souvent, une image dramatique d?elle-même, " l?Algérie est aussi un pays chaleureux avec sa gouaille, sa générosité [...] ".

Avec la sortie simultanée d?une cassette vidéo reprenant intégralement le spectacle donné aux Bouffes du Nord, et d?un livre qui en reproduit le texte (1), une double occasion nous est offerte de prolonger notre plaisir, et de le faire partager à d?autres. Dans Djurdjurassique bled, Fellag apparaît tel qu?il est devenu au fil de ses précédentes créations, qui s?intitulaient SOS Labès (SOS, tout va bien !), " Un bateau pour l?Australie ", etc. : comme une espèce de psychanalyste pratiquant la thérapie de groupe. Une thérapie par le rire. À la manière d?un conteur, il nous embarque pour une remontée dans le temps, ainsi qu?une exploration du mental, des caractères des Algériens. Ainsi lorsqu?il évoque les origines de l?Algérie, avant même les dinosaures, le temps de ces petites larves microscopiques qui étaient " toutes destinées à devenir, quelques milliards d?années après, le règne végétal, animal, humain ", ces larves qui, toutes, " attendaient l?évolution, Darwin ", toutes, sauf... celles qui " étaient programmées pour devenir nos ancêtres les Berbères : " Na ! Na ! Na ! on ne va pas attendre trois milliards d?années pour devenir des Berbères, nous ! Nous, on veut tout de suite ! Nâaldine Darwin !!! " La patience n?est pas le fort des Algériens.

Dans Djurdjurassique bled, Fellag brosse un tableau souvent grinçant de son peuple, mais toujours irrésistible parce que, au fond, débordant de tendresse.

Utile complément de la cassette vidéo, le livre qui paraît permet de retrouver, outre l?intégralité du texte de la pièce, l?univers de Fellag évoqué au fil d?un abécédaire, ainsi que la traduction et l?explication de certains mots arabes ou certaines expressions purement algériennes. L?artiste y confie son souhait d?être " un vecteur de l?âme, de l?esprit, de ce qui se passe là-bas ". C?est réussi, M. Fellag !.

Karima Goulmamine.

(1) Sortie le 15 septembre. Djurdjurassique bled, cassette de 1 h 54. Production : Passion Pilote. Distribution : Mélodie. Prix public : 149,90 francs. Le livre, Djurdurassique bled, sort chez Lattès, avec une préface de Peter Brook.

# Posté le dimanche 15 janvier 2006 13:17